II. Melting pot, melting cash

Le 11 mai 2016

Selon ma modeste expérience de voyageur, la bonne poire du touriste occidental se fait toujours gentiment éplucher par les racoleurs locaux le long des grandes rues métropolitaines. A Barcelone par exemple, on passe son temps à donner des joues de droite à gauche pour repousser les vendeurs de bière ambulants quand on parcourt Las Ramblas (pourtant si innocemment, à la base). Quoi que ça reste un bon échauffement pour les cervicales avant la fiesta. Dans les dédales de Bangkok, "no tuk-tuk" est sans doute la phrase la plus prononcée par les étrangers de passage, toutes catégories confondues. Sérieux, ça mériterait presque quelques stats ! Et comme ma maman va probablement me lire, je préfère ne pas faire mention d'Amsterdam...

A Buenos Aires, c'est encore autre chose. Tous les trois mètres, dans les rues les plus affluentes du centre, on etends « Cambio ! Cambio ! » pour peu qu'on ait la dégaine typique du gringo en visite. Echangez votre cash ! Votre cash étranger, du dollar, de l'euro, de celui qui ne fond pas comme neige au soleil et permet de sauvegarder ses économies avant qu'elles ne valent plus rien. Parce que l'inflation en Argentine, c'est comme un bâtard Bolton : cruel et sans limite ! D'après un des guides locaux rencontré, il y a même eu des périodes où les prix changeaient si vite qu'ils nétaient plus inscrits sur les étalages des supermarchés mais annoncés au micro.

Pour dire, le gouvernement argentin a ouvertement choisi de ne pas divulguer ses chiffres sur le phénomène, clamant que c'était toujours mieux que de trafiquer les résultats comme le faisait le précédent. Là-dessus, il est à présent officiellement interdit à tous les citoyens du pays d'échanger sa monnaie contre des devises étrangères. Imaginez que le plus gros billet en circulation dans votre porte-feuille soit maintenant l'équivalent de six euros et vous comprendrez pourquoi les argentins ne préfèrent pas stocker leurs liasses sous leurs matelas.

Bon, je ne veux pas faire semblant plus longtemps d'avoir la fibre économique et donc je n'en dirai pas plus, de peur d'être à côté de la plaque. Après tout, l'argent, c'est bon pour courir après aveuglément mais ça n'intéresse pas grand monde de savoir comment ça fonctionne. Laissons plutôt cette tâche aux gens irréprochables (fort heureusement) qui savent de quoi ils parlent. D'un autre côté, même si j'adore écrire, ça ne m'intéresse pas non plus vraiment de vous raconter en détail ce qui est passé par mon assiette ces derniers jours, bien que la pièce de lomo argentin (filet de boeuf) vale son pesant de cacahuètes ! Hmm... non, finalement, gardez vos cacahuètes et moi la barbac !

Et Buenos Aires alors ? On m'avait prévenu que cette première étape ne serait pas si dépaysante, rapport à nos habitudes occidentales, et c'est plutôt vrai. Par endroits, on pourrait facilement se croire à Barcelonne (certains m'ont même dit Paris, pardonnez-les, ils étaient américains). Mais quand on commence à y regarder de plus près, on remarque aussi que, de part son histoire chaotique et bariolée, la ville se veut très multiculturelle, berceau de nombreuses ethnies, religions et courants différents. Tout, de l'architecture à la cuisine, semble jaillir d'une tambouille improbable opérée entre les différents immigrants venus chercher refuge au cours de l'histoire à l'embouchure du Río de la Plata, les plus présents étant les espagnols et les italiens. Au passage, mélanger la fougue espagnole avec la pulpe italienne, c'est une vraie brillante idée de mère nature. Il ne fait pas bon être un coeur d'artichaut à Buenos Aires ^^ Après... on se sent quand même tout petit à côté des argentins sur les pistes aux rythmes latins, pour ce que j'en sais, ces types là ont probablement dû naitre en musique...

Les voyageurs pas trop allergiques aux grandes villes sont donc unanimes : Buenos Aires c'est le pied pour un séjour citadin, et sans vous refaire le topo complet de la dernière fois, jusque-là tout roule ! La petite appréhension de l'arrivée en terre inconnue se dissipe bien vite dès qu'on se retrouve, sans vraiment savoir comment, sur le rooftop de notre auberge à faire tinter une mousse argentine fadasse (qui a au moins le mérite de coûter deux euros le litre) en compagnie d'un pannel de backpackers de tous horizons. Mon anglais s'est rapidement délié et l'espagnol ben… l'espagnol va falloir encore bosser pas mal ! Mais je m'y emploie sec (et Laurence tient le fouet, ça rigole pas).

Après quatre jours dans la capitale, nous voila déjà à bord du bus pour taper mille kilomètre plus au nord. Le planning jusqu'à Lima va être un peu serré, on le sait. Pour l'instant, direction Puerto Iguazu et ses fameuses chutes classées parmis les "nouvelles sept merveilles du monde" pour ce que ça vaut. Ce qui est certain, c'est que l'impatience se ressent dans l'air. Il va nous falloir dix-huit heures pour arriver à destination. En attendant, je préfère m'arrêter là, j'ai déjà un épisode de Game of Thrones en retard et ça, même à l'autre bout du monde, ça se fait pas !

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