VII. Mañana

Le 8 août 2016

La dernière fois que j'ai écris, c'était il y a plus d'un mois, pour raconter mes péripéties d'il y a deux mois. C'est un constat un peu douloureux. Premièrement, parce que ça me plaisait bien, malgré les connexions wi-fi bancales et ma leucosélophobie sous-jacente (non, moi non plus je ne savais pas ce que ça voulait dire il y a cinq minutes). Ensuite, parce que plus le temps passe et plus je me demande comment je vais me débrouiller pour rattraper un si long retard.

Au stade où j'en suis, je pourrais simplement relayer ce blog au rang des infinies petites choses qui me font envie mais dans lesquelles je ne me suis jamais vraiment investi. Vous savez bien... « Demain, je ressors ma plume et je bosse la guitare. Demain, j'apprend l'espagnol, j'apprend à jongler ou à tricoter. Demain, j'arrête de fumer. Bref, demain j'y vais à fond et demain sera tellement plus productif qu'aujoud'hui ! Mais en attendant, allons donc nous poser et partager un petit verre... » Le problème, c'est que quelque soit le jour, demain reste toujours demain. En plus, ça sonne encore plus apathique en espagnol, avec la caresse du soleil et le long râle des voyelles : mañana...

Cette fois néanmoins, j'ai un plan diabolique pour lever la malédiction. Infaillible. Je ferme les yeux, je me concentre un petit moment et je visualise une énorme sandale cloutée (très jolie par ailleurs, finement ornée, colorée, tout) en suspension dans les airs et répondant au bon vouloir d'une entité supérieure. Après, j'imagine la même divine chausse effectuer un vif mouvement dans les airs pour venir me botter violemment le postérieur en crachant une pluie de vérités que je n'ai pas envie d'entendre. Parce que c'est une sandale qui parle en plus. Imaginez le choc ! Et comme ça, je me retrouve une fois encore devant mon écran à raconter n'importe quoi.

Notre petit tour des grandes plaines du sud-ouest bolivien s'est donc achevé dans la ville d'Uyuni elle-même. Autant le dire franchement, à Uyuni, y'a pas grand chose à faire à part trouver un tour operator pour visiter le salar. Mais ça, on venait tout juste de le faire. Alors comme prévu, on a décidé de continuer vers Potosi, puis Sucre.

Première dure vérité à laquelle nous avons dû faire face : si la grève est le sport national des français, il ne sont pas les seuls sur le globe à le pratiquer avec panache. Ici aussi, les paralysies routières sont monnaie courante, voire même une sacrée plaie selon la population locale. Cette fois, c'était les camionneurs qui n'étaient pas contents et qui ont décidé d'éparpiller leurs semi-remorques à des points stratégiques pour bloquer tous les accès aux grandes villes et aux postes frontières. Super ! On voulait de l'immersion, ben ça a pas loupé...

Il faut comprendre que la Bolivie n'est pas un pays comme les autres. Située au coeur du continent sud-américain, elle est fière d'une récente histoire aussi riche que chaotique. Du peu que j'en sais, cette nation, c'est un peu la terre poissarde du voisinage. Au début, les natifs y vivaient pépères, et puis les incas ont déboulés au XVème siècle depuis l'actuel Pérou dans leur grande folie conquérante. C'est vrai, les incas, c'est un chouette et fascinant peuple. Artisanat de première classe, génies agriculteurs et batisseurs, puis bien spirituels et perchés eux aussi... Par contre, quand les incas conquièrent, ils croquent et trucident sans scrupule leurs concurrents. Comme quoi, vivre en harmonie avec mère nature, ça fait pas forcément passer le goût du sang.

Un peu plus tard, pendant le XVIème siècle, alors que les incas étaient trop occupés à se diviser pour se taper dessus entre eux, c'est les espagnols qui ont débarqué pour faire la loi. Ce passage là, il est un peu plus connu. Pas de bol, le pays regorge de ressources naturelles intéressantes ! Entre autres, la fameuse mine d'argent de Potosi n'est pas moins que la plus grande jamais découverte sur la planète et cette ville restera longtemps une possession cruciale pour la couronne espagnole. La Bolivie, c'est le premier pays à avoir brandi le poing pour se révolter contre le joug des conquistadors. La Bolivie, c'est aussi le dernier pays à avoir obtenu son indépendance, en 1825. Tu parles d'une bonne fortune.

Evidemment, mon résumé est très rudimentaire (à l'école j'étais à peu près aussi fort en histoire qu'en espagnol) mais pour finir, le pays s'est farci deux bon siècles d'instabilité politique constante, chahuté entre mouvements nationalistes et dictatures militaires. En 1879, La guerre du Pacifique contre le Chili lui fait perdre son seul accès à l'océan, puis en 1929, la guerre du Chaco contre le Paraguay lui fait perdre presque soixante mille pauvres combattants, pour une autre réduction de territoire. Bref, de crises sociales en libéralisation des ressources à outrance, encouragée par nos amis ricains, on peut au moins retenir qu'en Bolivie, c'est bien le bordel ! D'ailleurs c'est aujourd'hui la deuxième nation la plus pauvre du continent, juste après le Venezuela.

Tout ça pour dire qu'on s'est retrouvé pris dans un contexte de blocage pas super propice au voyage. Pour rejoindre Potosi, finalement, ça n'a pas été si dur. On a payé un peu plus cher la compagnie de bus qui nous a assuré passer par une route alternative praticable. Praticable, en fait, c'était un mot un peu comme ça, pour nous faire plaisir. Le parcours, il était pas qu'à moitié alternatif... Mais nous sommes tous arrivés sains et saufs dans la cité minière. Au passage, comme je cours toujours après les superlatifs, avec ses quatre mille mètres d'altitude Potosi est la ville de plus de cent mille habitants la plus haute du monde. Autant dire que si y'avait pas eu "un peu" de maille à se faire dans les tréfonds de la terre, personne n'aurait eu l'idée de fonder une ville à cet endroit.

Là-bas, la principale attraction, c'est donc de visiter les mines d'argent et d'aller à la rencontre des travailleurs locaux qui vivent dans des conditions misérables. Au premier abord, ça m'a semblé plutôt malsain, mais il paraîtrait au contraire que l'affluence et surtout l'argent des touristes représentent une aide précieuse pour les mineurs. Ceux-ci seraient même heureux de recevoir les visiteurs qui montrent un intérêt pour leur dur labeur. Nous, cependant, on a passé l'invitation pour tracer dès le lendemain vers Sucre. Un peu de chaleur ambiante et un air respirable, c'est ça qui nous attirait le plus.

Les blocages étaient toujours en place et les compagnies de transport voulaient toutes nous facturer un testicule environ pour un passage jusqu'à la ville blanche, sans réelle certitude d'arriver à destination. Heureusement, la mamita de l'auberge où l'on dormait, des plus sympatique et avenante, a joué pour nous du téléphone avec un tact à émoustiller un trader afin de nous obtenir un taxi pour quatre à prix correct, accompagné d'un chauffeur lui aussi versé dans l'art des itinéraires improbables. Sans blague, on a suivi des chemins que j'aurais à peine osé prendre en VTT... Notre voiture a même laissé son parchoc dans l'aventure, arraché lors d'une audacieuse traversée rocailleuse et accidentée. Il nous a fallu compter deux heures de trajet supplémentaires à la normale pour… nous retrouver bloqué tout pareil aux abords de l'agglomération ! C'est qu'il faut pas non plus les prendre pour des buses, ces camionneurs. Plus le temps passait, et plus il y avait de routes entravées. On a donc dû passer le barrage à pied et se trouver un nouveau taxi de l'autre côté pour achever le trajet.

Au moins, on est arrivé dans une bien belle ville, réputée comme la plus jolie du pays mais aussi comme son épicentre culturel. Un pays qui compte d'ailleurs officiellement deux capitales. Sucre est la capitale constitutionnelle alors que La Paz est la capitale administrative. Débrouillez-vous avec ça, moi j'ai aucune idée de ce que ça veut dire vraiment. Autre fait amusant : aucune de ces deux villes n'est la plus grande de Bolivie. C'est Santa Cruz de la Sierra qui remporte ce titre. Pourquoi faire simple, après tout ?

La première chose qui m'a frappé, à Sucre, c'est sa dense foule urbaine. Dans la rue, un monde omniprésent à toute heure de la journée se mélange hâtivement au brouhaha des klaxons d'un trafic agressif. Heureusement, aux principaux croisements piétons, il y a des zèbres qui font la circulation. Ah oui, dit comme ça, ça surprend ! Mais je ne rigole pas. A Sucre, il y a des types en costumes de zèbres complets qui font la circulation aux carrefours de manière enjouée, en balançant leurs membres dans tous les sens et en chantonnant du sifflet. Et ils sont payés par la municipalité. Voilà, ça valait juste la peine d'être noté :)

Passé le chahut ambiant, la ville offre tout de même des moments de promenades agréables dans ses artères vivantes aux nombreux bâtiments coloniaux d'une blancheur éclatante. On y observe également une population très hétéroclite. Les anciennes mamas toutes semblables, tressées de même, bariolées, rondes et à la démarche chaloupée cotoient le long des pavés les jeunes étudiantes hyper hypes déjà victimes du paroxysme de la mode occidentale, ode malheureux à une société qui glisse lentement, suivant l'exemple de ses grandes soeurs, vers cette aubade de surconsommation qui nous est bien familière. Avec ça, d'un simple coup d'oeil, on peut réaliser le large fossé culturel qui existe entre la Bolivie du début du siècle et cette nation d'aujourd'hui, encore lésée certes, mais dont l'économie commence à déployer ses ailes fragiles vers une folle globalisation. A cette fiesta là, tout le monde est invité...

A Sucre, nous avons aussi beaucoup apprécié la découverte des vastes marchés permanents, coeur traditionnel et bouillonnant de nombreuses grandes villes sud-américaines, où l'on peut se promener et se perdre entre les étals colorés des primeurs, les comptoirs écoeurants des bouchers, les échoppes d'artisanat ou les odorants comedors populaires (stands de restauration).

Depuis cette trouvaille, j'adore aller flâner aux mercados à l'heure des repas pour dénicher une cuisine locale simple et goûtue à des prix dérisoires. Comme ça, on mange facile une entrée et un plat bien copieux pour dix bolivianos à peine, soit vaguement un euro cinquante ! La seule chose qui pèche, peut-être, c'est les conditions d'hygiène pas toujours irreprochables des lieux (euphémisme important à relever ici). Mais bon, quand on est parti pour traîner là autour plusieurs mois, il serait dommage de se priver pour si peu. Comme on dit entre voyageurs, passée la première bonne tourista, on est pas trop mal blindés du bide. Ensuite, y'a plus qu'à profiter !

Après une semaine dans la cité blanche, nous avons décidé de découvrir la Bolivie un peu plus profonde et exotique du nord-est. Pour éviter d'autres complications routières et un périple en bus sur une route montagneuse réputée chaotique, on s'est offert le luxe d'un trajet en avion jusqu'à Santa Cruz. Là, on est simplement passé en coup de vent au profit d'un temps plus important dans les villages voisins aux abords de la forêt. Ainsi, nous avons découvert Samaipata, l'un des derniers remparts andins à la frontière du parc national Amboró, petit village rural tranquille connu pour ses communautés spirituelles où l'on a retrouvé, enfin, les teintes vertes vivaces d'une nature tropicale. Dans les parages, les ruines pré-incas d'El Fuerte, perchées tout en haut d'une colline dominante, offrent un regard curieux sur des vestiges d'une autre époque en même temps qu'une vue panoramique inoubliable sur la région. Observer la fin des mystiques andes se fondre dans le tapis touffu de la forêt amazonienne, c'est beau, et ça nous a agréablement changé des décors arides.

A Samaipata, on a aussi fait appel aux services de l'inoubliable Don Gilberto, le plus ancien guide de la région, qui nous a emmené à bord de son antique et brinquebalant quatre-quatre découvrir le parc Amboró et ses fougères géantes. Pas de chance, on a souffert d'un temps pourri et là où on était sensés trouver les meilleurs points de vue sur la forêt, on n'a vu qu'un épais brouillard grisâtre. Mais l'escapade avec ce vieux monsieur expérimenté du bois qui carburait plus vite que nous dans la gadoue, ça reste une belle expérience en soi !

Après ça, on est allé se perdre à Buena Vista, un peu plus au nord, sur le plat cette fois. On y a déniché une grande maison à louer à l'orée de la jungle où nous avons pu poser nos valises moyennant un prix pas exorbitant pour quatre. Quel luxe pour nous ! Chacun sa chambre pour la première fois depuis le début du voyage, vue extraordinaire, grande terrasse, piscine rien qu'à nous et aux alentours, pas un chat, mais des chiens et des petits veaux qui se baladent en liberté. Une halte dans un confort bienvenu qui nous a permis de fêter dignement l'anniversaire de Laurence avec un indécent barbecue et un jovial ami local, rencontré le jour même, pour nous montrer comment griller la viande à la bolivienne et nous aider à finir nos bières. On y était tellement bien calé, dans cette maison, qu'on a pas vu grand-chose de plus avant de continuer vers notre suivante et ultime étape de la région : Villa Tunari.

Dans les parages, aussi étrange que ça puisse paraître, on a mieux fait de se balader en taxi qu'autre chose. Pour une petite misère, nous avons pu avancer en prenant quatre voitures à la suite sur un trajet moyen d'une heure à chaque fois, allant de village en village jusqu'à notre destination. En arrivant à Villa Tunari, surprise, c'est de nouveau la fête ! Sans avoir prévu le coup, on tombe pile pendant le week-end de la célébration d'un saint dont j'ai oublié le nom depuis longtemps. Toujours est-il que le centre du village a pris de joyeux airs de fête forraine pour nous accueillir. Sur la grande place, toutes les fraternités des environs se relaient tour à tour dans des costumes plus colorés les uns que les autres pour nous offrir un spectacle de danse traditionnelle. La chance nous sourit encore !

Ensuite, nous avons passé deux nuits de plus à Villa Tunari entre l'observation des singes pas très farouches de la réserve Machía et une journée d'évasion dans le parc national Carrasco. Ce qui est séduisant, c'est que ces endroits sont surtout des lieux de tourisme pour les boliviens en vacances. En trois jours sur place, le nombre de gringos croisés pouvait se compter sur le doigts d'une main. Dépaysant !

Je me souviens, avant d'entrer dans le pays, j'avais entendu toute sortes de témoignages flippants sur la Bolivie. A en croire les récits, je risquais de me faire piquer mon sac à chaque voyage en bus à moins d'être ultra vigilant, on pouvait frôler le kidnapping à chaque trajet en taxi, et puis la population ne serait pas tellement sympa avec moi, surtout si je ne me débrouille pas correctement en espagnol. Avec le recul, tout ça est au moins aussi vrai que les français ne sont qu'une bande de geignards insatisfaits. Contre toute attente, on s'est toujours trouvé bien accueillis par une population fière de faire découvrir sa culture aux étrangers et généralement adorable avec les touristes.

Autre chose de frappant, immanquable le long des routes : partout, sur les murs des maisons, des écoles et de tous les batiments qui passent, sur le bitume autant que sur les cailloux, sur les arbres, les feux rouges et jusqu'au moindre poteaux, sur les parapets, les toits, les ponts, les poubelles, les panneaux de signalisation… bref, PARTOUT où il est humainement possible de peinturlurer quelque chose, on peut voir écrit « si » ou « no », selon l'orientation politique de l'auteur du tag.

Depuis 2006, la Bolivie vit un tournant nouveau après l'élection au pouvoir d'Evo Morales, premier dirigeant amérindien de l'histoire du pays. Information importante : la Bolivie est aussi le seul pays d'Amérique du Sud où la population amérindienne est encore en majorité. Adulé, révéré par les siens, le brave Evo redresse petit à petit les conditions de vie de ses pairs et parvient à renationaliser nombre des ressources du pays, au grand damn des grands investisseurs étrangers.

Aujourd'hui dans son troisième mandat, limite imposée par la constitution, Morales propose début 2016 un référendum qui lui permettrait de se représenter une quatrième fois. Ce référendum divise sévèrement la scène politique de la nation en deux camps diamétralement opposés, visiblement prêts à saccager tous les paysages pour affirmer leurs opinions en peinture, d'où les tags omniprésents. Finalement, le référendum est rejeté de peu par les boliviens. S'en sera bientôt fini d'Evo Morales, victime juste avant le grand vote d'un scandale similaire à l'affaire Lewinski (comme c'est pratique) puis accusé par ses détracteurs de discrimination raciale et de trempouille pas claire dans des affaires de trafic de cocaïne. Une publicité suffisante pour retourner l'opinion publique et faire plonger l'image du gaillard, selon le témoignage d'un natif Quechua en colère avec qui j'ai devisé (tant bien que mal) lors d'une balade à Sucre.

Avant de reprendre notre route vers l'ouest pour se rapprocher du Pérou, nous avons dû faire nos adieux à Simon et Anna, nos deux accolytes français et fins naturalistes qui eux souhaitaient se diriger vers le Paraguay, plus à l'est. Un mois de vadrouille en commun, c'est pas rien ! Leur joie de vivre et leur passion pour les animaux vont nous manquer, c'est sûr. Mais si nos chemins nous font croiser des gens excellents, vient toujours le moment de dire au revoir, voila qui fait aussi partie des aléas du voyage. Merci à eux pour les bons moments et pour toutes ces infos sur la faune et la flore incroyable qui nous entoure. Comme on a pris l'habitude de le dire ici, « que le vaya bien ! » Petit crédit au passage : je dois cette superbe photo de singe atèle au talent photographique d'Anna. Chapeau !

Notre odyssée se poursuit ensuite direction Cochabamba pour un transit routier et nous prenons rapidement la route de La Paz. Une nuit de bus plus tard, nous voila déjà dans la capitale la plus haute du monde (on commence à s'y faire). Là-bas, on ne passe qu'une nuit et une journée car le temps qu'il reste à Laurence est précieux et réservé pour le lac Titicaca et le Pérou. Une journée néanmoins suffisante pour que j'arpente les magasins de musique et déniche une petite guitare de voyage qui ne me quitte plus depuis lors. J'avais posé la question à l'internet et l'internet avait parlé : c'est à La Paz qu'on trouve les meilleurs deals sur les instruments. Check !

Dernière étape Bolivienne sur notre parcours, et pas des moindre : Copacabana et les abords du mystique lac Titicaca, aujourd'hui considéré comme le berceau primaire de la civilation Inca. Une impressionnante étendue d'eau de huit mille cinq-cent kilomètres carrés à la surface d'un bleu profond et hypnotisant. On y perd facilement son regard, s'imaginant presque au bord de la mer, s'il n'y avait pas tous ces sommets enneigés sur la rive opposée pour nous rappeler qu'on est toujours presque à quatre mille mètres d'altitude. Copacabana est une ville proche de la frontière péruvienne, agréable mais un poil trop touristique à mon goût avec ses allures de station côtière. Sa plage couverte de terrasses de bar et de pédalos en forme de cygnes le confirme !

Ce qui nous a marqué, en revanche, c'est notre virée sur l'Isla del Sol, petit paradis terrestre perdu au milieu du lac. Débarqués sur la partie sud après un trajet en bateau, on traverse l'île en quatre ou cinq heures de marche par le chemin des crêtes pour rejoindre Cha'Llapampa, au nord. La ballade nous offre des points de vue inoubliables sur une nature superbe et sauvage coincée entre l'azur éclatant du ciel et l'indigo scintillant des flot. A Cha'Llapampa, on découvre avec bonheur un lieu encore bien épargné par le tourisme où la nuit coûte trois fois rien, voire carrément rien du tout pour ceux qui campent sur la plage. Je garde un très bon souvenir de cette soirée passée sur le sable, toujours en compagnie de voyageurs de tous horizons, à se réchauffer la chair en faisant chanter les guitares au coin du feu. Un excellent moyen de tirer une dernière révérence à ce pays si curieux et intriguant qu'est la Bolivie, avant de passer la frontière péruvienne.

Aujourd'hui, alors que j'écris, il m'est déjà difficile de me rappeler tous les détails du parcours. J'ai l'impression qu'au final mon récit ne fait pas tellement honneur à tous les ressentis particuliers que nous avons eu en arpentant la Bolivie durant presque un mois, au total. Je ne voulais pas pour autant jeter l'éponge et rester planqué dans un fainéant silence radio. J'en profite d'ailleurs pour remercier chaudement les quelques personnes qui ont réussi à me remotiver avec leurs gentils commentaires ou les simples « Alors ! A quand le prochain chapitre ?! ». Je ne suis pas encore au bout de mes peines puisqu'il me manque toujours un mois et demi de Pérou à narrer, un mois très riche d'aventures et sans doute le plus chargé de belles expériences jusqu'à maintenant. Oui, il faut absolument que je m'y tienne ! Mais bon, là, il commence à se faire tard et mes doigts sont fatigués de tapoter. Alors, disons… mañana !

Chemin Parcouru

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