X. Arequipa Arcoiris

Le 4 octobre 2016

On dit souvent qu'il faut savoir profiter de l'instant présent, et je le répète bien volontiers. Mais qu'on le veuille ou non, nos bouillonnements passés et futurs nous laissent rarement du répit. S'offrir un détachement complet et ne penser qu'à aujourd'hui n'est pas si simple quand nos vieux démons ou nos doutes sur l'avenir ne font que nous grignoter la cervelle. Ces moments d'oubli deviennent alors des plus précieux, et c'est l'un de ces moments que je veux à présent m'essayer à conter. C'est une aventure qui a duré l'espace d'un mois, pas plus, mais m'a tout de même permis de faire abstraction éphémère de tout grésillement de l'esprit. Parce que pour s'affranchir des incertitudes et se laisser totalement aller aux plaisirs du jour le jour, il faut aller se perdre loin. Dans ces endroits où le jeu change, là où le paradigme n'est plus le même. J'ai longtemps hésité sur la manière de raconter cette histoire, voire si je devais raconter cette histoire, tant elle a été marquante par sa différence avec tout ce que j'ai pu connaître auparavant. Alors j'ai décidé d'utiliser la manière simple.

Nous sommes trois ce matin à débarquer sur la place centrale de Yumina, à une vingtaine de minutes en bus d'Arequipa, la seconde plus grande agglomération péruvienne. J'ai quitté Cuzco accompagné d'une dizaine d'autres voyageurs, mais Audrey, Fabien et moi avons trainé un peu pour faire nos courses. Nous ne savons pas grand-chose de notre destination, si ce n'est qu'il faut d'abord rejoindre ce petit square rural avant de finir le trajet à pied. A peine sortis du taxi, un jeune chevelu s'approche de nous. Vêtements blancs, catogan blond et large sourire.

« Arcoiris ? » Demande-t-il en nous voyant galérer avec nos quinze sacs. Nous confirmons. Instantanément, le type s'approche et nous souhaite la bienvenue avec un gros câlin. Ca, je commence à m'y faire, et de toute façon j'étais prévenu ! Grâce à cet heureux allemand, nous connaissons à présent la route à suivre. Moins agréable cependant, nous réalisons que nous ne sommes pas au bout de nos peines. Le rassemblement est encore à une bonne heure de marche, sûrement deux avec tout notre barda.

C'est peut-être le trajet le plus dur que j'ai eu à faire depuis que je vadrouille. Pas le trek du Salkantay non, ni l'ascension d'El Fuerte, simplement la route vers l'arcoiris chargé de mon gros sac à dos, de mon petit sac à dos, de ma guitare et d'un sac de provisions du marché d'environ dix kilos. La région est aride, il fait chaud et la progression est lente et difficile. Heureusement, Audrey et Fabien ne manquent jamais d'humour. Ces deux français de Nancy rencontrés lors de l'Inti Raymi à Cuzco sont depuis devenus de bon amis. Baroudeurs aventuriers adorables et pleins de joie de vivre, je me sens chanceux de partager ce chemin difficile avec eux.

Nous longeons de belles cultures vallonnées étonnement vertes par rapport au reste de cette nature qui sèche sous un soleil doré. La région d'Arequipa se targue de trois cents jours d'ensoleillement par an, et le décor est en conséquence ! Nous sommes entourés de rocailles claires, de buissons épineux et de cactus à perte de vue. Devant nous trône le majestueux volcan Misti qui culmine à cinq mille huit cents mètres d'altitude. Sa roche blanche est d'ailleurs à l'origine de la couleur livide des bâtiments coloniaux alentours. La légende veut que ce volcan inactif causera d'ici quelques siècles la perte de la ville qui s'étend à ses pieds dans une éruption spectaculaire. En attendant l'apocalypse, au pied du Misti endormi, on se sent quand même tout petit.

Une vingtaine de minutes après le départ, nous croisons un groupe de trois personnes marchant dans la direction opposée. Cette fois-ci, la question n'est pas même nécessaire. Aucun voyageur ne s'aventure par ici pour une autre raison. Une série de câlins et de présentation plus tard, le temps de s'enquérir de la distance restante et nous reprenons la route, toujours à pas mesurés. Il nous reste encore une bonne part du chemin. Heureusement, celui-ci est balisé tout du long par des attrape rêves pendus aux arbres et par ces piles de galets récurrentes au Pérou appelées cairns.

Déjà épuisés après la première moitié du parcours, nous finissons par atteindre la rivière annoncée. De là, il faut suivre le cours d'eau pour s'enfoncer dans la vallée jusqu'au lieu de rassemblement. A notre rythme, c'est encore une heure de lente marche qui nous attend sur des cailloux incertains qui peuvent devenir vraiment traitres avec le poids des bagages. Nous devons parfois traverser des passages à gué et manquons à plusieurs reprises de prendre la flotte. Après de longues pauses et de nombreux soupirs, nous apercevons enfin la terre promise. Un virage dans une gorge plus étroite dévoile au loin une bannière bariolée flottant sous la brise. Voilà qui nous regonfle le moral pour les quelques pas restants, jusqu'à ce que nous puissions décharger lourdement notre paquetage sous l'ombre du drapeau.

Je retrouve Bodhi assis en tailleur en train de s'essayer au macramé en compagnie d'inconnus. Mais inconnus ou pas, dans le coin, tout le monde est frangin. Et les étreintes sont toujours de rigueur, qu'on ait une bonne raison ou pas. Après de multiples accolades, nous décidons de faire le tour du campement. Quel plaisir de se balader sans rien sur le dos !

Nous sommes perdus au milieu de nulle part sur le large lit d'une rivière qui, en cette saison, se limite à un petit torrent au centre. De chaque côté de la vallée, pas la moindre trace de civilisation. Seulement les deux flancs de montagne qui nous encerclent, des rochers escarpés et une végétation timide. Les bords de la rivière prennent la forme d'une plage de sable fin exposée aux rayons du soleil. Quelques personnes à moitié nues s'y entrainent au jonglage et à toutes sortes de disciplines artistiques. Tout ça respire la sérénité et les sourires ne semblent pas manquer alors que ces gens nous souhaitent également la bienvenue. Des câlins oui, toujours des câlins. Des câlins pour tout le monde et en abondance.

Près de la falaise, nous découvrons l'espace cuisine. Un coin pour le feu et deux énormes marmites, c'est tout le nécessaire à la tribu. Un peu plus loin, nous atterrissons dans une clairière elle aussi couverte de sable. Trois cercles de pierres concentriques y font honneur à un énorme tas de braise. Ici, le feu sacré ne s'arrête jamais vraiment de brûler. De l'autre côté du torrent, nous retrouvons Philip, Chiara et les autres que nous avons laissés le matin même à la sortie du bus. Nous décidons de planter nos tentes à côté des leurs, un peu en retrait sous une ligne de bosquets de romarin. Voilà, nous sommes installés. A présent, le temps peut bien s'arrêter de tourner !

Attirés par des chants et le son d'une guitare, nous rejoignons une autre petite clairière toute proche où quelques personnes assises en rond préparent du thé naturel sur un feu improvisé. Bienvenidos hermanos, câlins, amour, re-câlins, l'accueil est toujours le même. Je m'invite dans le cercle pour reposer mon corps fatigué tout en profitant de la voix cristalline d'Ignacia, une chilienne dont le répertoire regorge d'odes aux esprits de la nature et à la pachamama. Après quelques heures parsemées de mélodies, de nouvelles rencontres et d'étreintes de tous côtés, nous entendons une série de cris résonner dans la vallée, reprise en cœur en tout point du campement. « A comeeeeer, ahoraaaaa » (à manger, maintenant). C'est le signal de la soupe. Nous attrapons nos écuelles et retournons sur le lieu du feu sacré.

Cette fois, le brasier étale de longues flammes sous le crépuscule et tout le monde est rassemblé au même endroit. A mon arrivée, je découvre une ronde de gens déjà occupés à chanter gaiement en se tenant par la main. « Chaque petite cellule de mon corps est allègre, chaque petite cellule de mon corps est en joie ! Je vais bien. Tout va bien. Chaque petite cellule de mon corps va bien ! » Voici un exemple des paroles que j'entends, reprises dans plusieurs langues. Espagnol, portugais, anglais, français, allemand… Tout le monde entonne et sautille dans un élan de bonheur partagé.

Loin de moi l'idée de rester un explorateur passif, alors je rassemble mes forces et rejoins le cercle. En fait, quand l'enthousiasme est omniprésent, on s'abandonne vite à la jubilation. Les chants s'achèvent sur un long om, la vibration vitale, puis une prière à dame nature. Là-dessus, une marmite est amenée près du feu. Nous nous asseyons sur le sol et tour à tour chacun reçoit une portion de nourriture. La viande est prohibée dans la famille. Les repas se composent principalement de riz, d'avoine ou de mais et de graines en tous genres accompagnés de fruits et légumes locaux. Ensuite, arrive le moment du chapeau magique pour l'aumône quotidienne.

« Magico, magico, el sombrero es magico » reprend la fratrie en cœur. « Si tu n'as pas d'argent, tu peux donner de l'amour. Si tu n'as pas d'amour, cherche au fond de toi. » Dans le chapeau, on peut laisser quelques pièces, des vivres ou tout ce qui nous chante. On peut aussi se contenter de faire un sourire, une révérence ou un bisou au sombrero quand il passe près de nous. Le premier soir, nous offrons à la communauté les sacs de provisions que nous avons eu tant de mal à trimballer jusque-là. Mais rien n'est attendu et chacun donne ce qu'il peut.

Un Rainbow Gathering (littéralement rassemblement arc-en-ciel), est une communauté intentionnelle éphémère et autogérée généralement réunie en plein air et cherchant à pratiquer les idéaux de paix, d’amour, d’harmonie, de liberté, en rupture avec le capitalisme et les valeurs des médias de masse et de la société de consommation. Ces communautés se forment et reforment chaque année en des lieux annoncés à l’avance et dans plusieurs pays à la fois, pour quelques semaines. Les racines de ces événements peuvent être retrouvées dans la contreculture des années 1960 et les mouvements hippies et alternatifs.

Voici ce que l'article Wikipedia nous apprend sur la familia arcoiris (arc-en-ciel en espagnol) et c'est une description qui colle plutôt bien. Oui, je cherche aussi à gagner du temps grâce à un copier-coller. Sans doute un reste de mes années d'étude… Dans cette famille arc-en-ciel, la vie est paisible et fraternelle. Certains sont comme moi de simples voyageurs curieux, d'autres s'offrent des vacances loin du monde civilisé dans leur communauté favorite tandis que les derniers passent leur vie à transiter de rassemblement en rassemblement pour mener une existence en retrait dans un mode de sobriété absolu.

Tout repose sur le partage, le respect et l'entraide. Deux fois par jour, un appel est lancé à grands cris pour appeler des volontaires à la cuisine, puis un second pour appeler la foule au repas. Il n'y a pas de leader et aucune adhésion n'est nécessaire. Chacun est le bienvenu avec ce qu'il a à offrir. L'argent récolté par le chapeau magique sert surtout à acheter les produits de première nécessité : sel, sucre, épices, ustensiles… La plupart des autres vivres sont récupérés gratuitement sur la fin des marchés. Et si vous vous demandez quelle quantité de nourriture on peut trouver ainsi, la réponse est BEAUCOUP ! J'en ai moi-même été vraiment étonné.

Une source d'eau un peu en aval de la vallée permet de remplir nos gourdes et on cuisine avec l'eau de la rivière bouillie. En certains endroits, le torrent forme des bassins un peu plus profond qui permettent de se baigner. L'eau est froide, très froide, mais c'est le seul moyen de se laver alors on s'y fait ! Je découvre le plaisir de s'allonger sur un rocher pour se laisser sécher au soleil en tenue d'Adam. Parce que chez les hippies, la pudeur n'est pas de mise, et la nudité ne choque personne. Au début, c'est un peu déroutant de faire tomber tous ses vêtements au grand jour, mais on se rend vite compte que tout le monde en fait de même et que personne n'y prête vraiment attention. On se prend au jeu et on se surprend même à apprécier cet état de liberté total et de proximité avec la nature.

Les journées se passent loin du chahut habituel. On oublie volontiers le monde extérieur en se laissant aller entre farniente, musique, jonglage, thés et les activités proposées par certains : séances de méditations collectives, tantras d'expression, artisanat, cuisine… Les affaires sont traitées collectivement à la fin de chaque repas où n'importe qui peut prendre la parole librement, que ce soit pour une annonce, un coup de gueule, un message d'amour ou pour proposer un atelier quelconque. Le soir, souvent, la famille s'installe autour du feu sacré pour profiter des mélodies de toute une panoplie d'instruments étranges, hangdrum, gaitas, flûtes indiennes, ocarinas et j'en passe… Bien sûr, les guitares et les percussions ne manquent pas non plus à l'appel.

La veille de la pleine lune, je pars en expédition avec une dizaine d'autres à la recherche de ce fameux cactus magique, en prévision de la soirée du lendemain. Nous avons tous vidés nos backpacks avant le départ et revenons le dos chargé de san pedro fraichement coupé. Le soir même, nous passons des heures à enlever les épines de la plante, à l'éplucher puis à faire bouillir le fruit de notre travail. Il faut compter huit à douze heures de préparation avant d'obtenir la wachuma. Pour les arcoiris, il ne s'agit pas de faire n'importe quoi avec cette substance sacrée. Au réveil le jour suivant, toute la famille s'adonne au recueillement et au jeûne.

Nous passerons toute la journée sans parler ni manger, dans une ambiance de silence et de communion. Sous le signe de la communication non verbale, les étreintes se font encore plus intenses et tout passe par le regard et les sourires. Réduit à notre plus simple expression corporelle, c'est beau de réaliser comme le bien-être ne tient pas à grand-chose et comme on peut facilement se passer du superflu. A la tombée du jour, le feu sacré se fait plus ardent que jamais et les percussions donnent le rythme à des danses joyeuses et endiablés.

Dès que la pleine lune se dévoile par-dessus la montagne, la parole peut reprendre et nous poussons ensemble de puissants cris pour laisser sortir notre exaltation. Ce soir là, nous sommes plus d'une centaine à nous réunir autour du brasier pour partager le breuvage amoureusement concocté. Tour à tour, chacun passe au centre de la ronde pour recevoir une tasse de san pedro. La cérémonie durera plusieurs heures et les djembés résonneront jusqu'au petit matin alors que chacun s'abandonne progressivement pour lâcher prise de tout. L'expérience est similaire à celle d'Urubamba mais cette fois, je la garderai pour moi.

Mon récit serait toutefois biaisée si je ne mentionnais pas les aspects les plus difficiles du séjour. Par exemple, ça n'a l'air de rien, mais ne pas voir l'ombre d'une table ou d'une chaise pendant si longtemps peut devenir assez sévère pour les jambes. J'ai fait comme une overdose de la position du lotus ! Et ce sable ! Ce sable qui après quelques heures à peine devient omniprésent. On le retrouve partout sur soi, sur ses vêtements, dans sa tente… On vit avec en permanence. Sans compter les milliers de joyeux petits habitants de l'arène. Qui n'a jamais eu à faire à une masse de phlébotomes (ou mouches des sables) ne sait pas à quel point ils peuvent vous rendre fous. Ils ne sont pas plus gros qu'un moucheron, insensibles aux répulsifs et laissent d'impressionnants boutons rouges qui démangent comme les chatouilles de Satan. Ces piqûres peuvent vous gratter une semaine durant, voire plus si vous ne résistez pas à l'envie de les ratisser de l'ongle. Aujourd'hui (deux mois plus tard) j'en ai encore des plaies sur les chevilles à cause du frottement de mes chaussures. Je vous le dis, ces bestioles sortent tout droits des fournaises de l'enfer !

Autre point difficile : qui n'est pas forcément habitué à ne se nourrir que de graines se sentira vite faiblard après la première semaine. Je me souviens être arrivé à un point où la simple vision d'un quartier de mandarine suffisait à enflammer mon regard d'un désir indécent. Dans ce contexte, un carré de chocolat devient le plus fabuleux des trésors. Il me faut bien avouer que lors de notre retour à Arequipa, Bodhi et moi avons déboités à nous seuls un énorme poulet rôti comme si nous n'avions rien avalé depuis des jours.

Malgré ces détails déplaisants, découvrir une manière de vivre à l'autre extrême de nos habitudes reste une fabuleuse expérience. Je n'ai pas sorti une seule fois mon téléphone ni mon appareil photo au cours de l'aventure, et également laissé ma montre au placard tout du long. En fait, l'heure n'avait plus la moindre importance.

Après avoir quitté le rassemblement arc-en-ciel, grâce à un contact déniché par Audrey et Fabien sur le site Workaway, nous avons effectué un volontariat à Sabandia, une autre commune toute proche. Ainsi, nous avons fait la rencontre d'Hernan, un soixantenaire au grand cœur qui nous a accueilli dans sa maison et nourri en échange de cinq heures de travail quotidiennes. Nous étions six au départ, puis dix, puis quinze, tous issus de la famille arcoiris. Le projet d'Hernan était d'aménager un terrain pour en faire un lieu de rencontres culturelles.

Chaque matin, nous faisions une heure de marche jusqu'à la rivière la plus proche pour revenir les bras chargés de bambous. Ce butin nous a servi à construire un abri pour des abeilles, puis un themazcal (hutte à sudation ou tente à sueur). Le principe est simple : la hutte est constituée d'une structure en forme de dôme hermétiquement recouverte de plastiques et de couvertures. A l'intérieur, on dépose des roches volcaniques préalablement chauffées à blanc dans un grand feu de joie, sur lesquelles on verse ensuite progressivement de l'eau à la manière d'un sauna. Traditionnellement, l'utilisation du themazcal est une cérémonie curative permettant de purifier le corps et l'esprit et la température peut y devenir quasiment insoutenable.

L'ensemble du projet est réalisé avec des matériaux de récupération, jusqu'à cette sorte d'argile que nous avons obtenue en mélangeant du sable, de l'eau et du crottin de cheval. Quelle joyeuse activité que de parcourir les champs pour récolter une bonne quinzaine de seaux de merde :D Le tout est ensuite mélangé avec les pieds, oui oui, comme on faisait le vin d'antan, mais c'est en fait beaucoup plus marrant qu'il n'y paraît !

Entre la vie de hippie et le volontariat chez Hernan, j'aurais finalement passé un mois de mon voyage à ne pratiquement rien dépenser, hormis pour les occasionnelles sorties en ville et les petits plaisirs culinaires. Parce qu'il se trouve que le centre compte quelques bars à bière pas franchement désagréables… Je me risquerai même à dire que certaines brasseries péruviennes n'ont rien à envier à la Belgique ! Ceci mise à part, Arequipa est une ville très agréable, propre et accueillante. Sa grande place est la plus belle que j'ai pu voir en Amérique du Sud avec son imposante cathédrale, ses arches, ses nombreux palmiers et sa fontaine centrale. Les rues y sont larges et ensoleillées et les habitants souvent très chaleureux.

Mon séjour dans la région s'achèvera tout de même sur une activité à forte teneur touristique. Le canyon de Colca, à cinq heures de bus de là, est connu pour être le canyon le plus profond de la planète. En fait, cela n'est pas tout à fait la vérité (voir mon article suivant) mais ça reste une affirmation pratique pour attirer les visiteurs du monde entier... Il n'empêche qu'une petite balade sur le site en vaut largement le détour ! Ce fut ma dernière excursion en compagnie de Bodhi (ainsi que deux québecquoises rencontrées dans le bus) avant que ce dernier ne prenne de nouveau son envol pour Cuzco où il devait retrouver l'amour de sa vie. Après un mois et demi de parcours commun et de belles rencontres partagées avec ce radieux camarade canadien, j'étais un petit peu triste et jaloux, mais ce sont encore une fois les aléas du voyage.

Certains locaux aiment à dire que le nom d'Arequipa provient du quechua "ari quepay" qui signifie "ici, on reste". Je ne suis pas sûr que la personne à l'origine de cette étymologie ait jamais participé à un rainbow gathering... Ca ne m'empêche pas d'être d'accord avec son interprétation linguistique ! Je n'aurais jamais pensé rester plus d'un mois dans la région. Quand les humains commencent à se rassembler sous une étoile bienveillante et à tous se considérer comme frères et sœurs, naissent d'incroyables histoires de partage qui apaisent le cœur et l'esprit. Pour être honnête, je ne crois pas que je serai capable d'en faire un mode d'existence prolongé. Mais c'est quoi qu'il en soit une expérience unique qui a changé ma perception de la vie. Je sais que, quelque part, l'atmosphère de l'arcoiris restera gravée dans ma mémoire et va grandement me manquer.

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